Anicka & John

Branchés

Posted in Uncategorized by clarkefast on August 31, 2009

Aujourd’hui nous venons de rentrer chez nous après trois semaines passées à habiter dans la maison de Tim et Suzanne, les co-représentants du MCC-Congo. Tim revient demain des États-Unis; et ainsi finissent trois semaines qui nous ont marqué de différentes façons.

Pendant presque tout ce temps, nous avons eu la visite d’une amie canadienne, Mariam, qui restait avec nous après avoir fini un projet de mission à court terme en collaboration avec une des Églises mennonites congolaises. Mariam est plein d’énergie et de joie; elle a vraiment égayé notre vie pendant sa visite. Souvent on l’entendait chanter en travaillant à la maison; une fois John et moi l’attendions pour souper et puisqu’il faisait déjà nuit, on s’inquiétait un peu pour son retour en taxi; mais avant trop longtemps on l’entendait chanter en marchant vers la maison et on a pu oublier nos soucis. À cause de son désir de voir et d’apprendre tout ce qu’elle pouvait qui était en lien avec la santé communautaire, Mariam nous a donné l’excuse de faire beaucoup de visites et de rencontres qu’on n’aurait peut-être pas faites autrement, ou qu’on aurait fait sur une période beaucoup plus longue. J’ai fait beaucoup moins de travail au bureau pendant ce mois, et au lieu d’être devant l’ordinateur, j’ai (re-)visité le grand marché, un petit ONG local qui essaie d’encourager les personnes atteintes du VIH/SIDA, une clinique de la communauté des Frères Mennonites à Kinshasa, une clinique gérée par les Baptistes, et un moulin où on a fait moudre le millet que j’avais amené du Bandundu. Avec Mariam comme compagnon, j’ai aussi pu faire des longues marches près du fleuve que je n’aurais pas voulu faire seule. Avec son enthousiasme, nous avons aussi commencé à participer aux jeux hebdomadaires de frisbee à l’école américaine (en tout cas John a participé ; j’ai préféré nager dans la piscine).

Nous avons aussi profité d’être dans la maison plus grande de Tim et Suzanne, et d’être au rez-de-chaussée, pour inviter plus de personnes chez nous. Je pense qu’on a eu presqu’autant de visiteurs qu’on avait eu pendant les cinq mois précédants! En étant plus près du siège de l’ECC (l’Église du Christ au Congo; le bâtiment où se trouve notre bureau) nous avons aussi pu recevoir plus de personnes qui passaient nous saluer. C’est clair que la plupart de nos visiteurs préfèrent ne pas monter cinq étages, et que cette maison est mieux placée pour des visites imprévues.

Tout cela a fait trois semaines pleines d’activités et d’intéractions. À la fin, voici quelques réflexions qui essaient d’expliquer la place des relations interpersonnelles dans la vie kinoise.

  1. Pour ne pas se sentir trop seule à Kinshasa, il faut prendre beaucoup d’initiative (bien plus qu’à Montréal, à mon avis) pour sortir et voir tout le monde possible. Éventuellement, on commencera à faire partie de plusieurs réseaux. Cela implique beaucoup de longues voyages inconfortables en taxi, quelques rencontres qu’on pense inutiles, bref, beaucoup de travail pour faire quelques liens – mais ces liens valent l’effort.
  2. C’est mieux d’habiter ensemble avec d’autres personnes que d’habiter seul. Surtout à Kinshasa je suis convaincue que je préfère ne pas habiter seule (c’est-à-dire seule avec John!). Cependant, je ne suis pas sûre que j’ai un autre choix pour l’instant…
  3. Il ne faut pas trop éviter l’inconfort. C’est-à-dire, les voyages en taxi, les tracasseries, les rencontres pénibles avec la police ou avec des passants. C’est en étant entassé dans un taxibus avec 27 autres passagers, en écoutant les autres se plaindre du manque de place ou critiquer le chauffeur d’avoir mis trop de bancs afin de faire de l’argent plus facilement, et en voyant que personne ne fixe l’attention sur toi, que tu peux le plus sentir que tu fais partie de la vie, quoique chaotique, de Kinshasa. C’est en marchant à pied pendant 35 minutes parce que le transport était trop difficile à trouver que tu peux faire une rencontre avec un pousse-pousseur qui prend le temps de t’avertir avant que tu mettes le pied dans une flaque d’eau où il y a du courant électrique. En voiture, les pousse-pousseurs (qui transportent des charges incroyables en poussant un genre de chariot à deux roues) représentent un obstacle, puisqu’ils marchent trop lentement sur la rue en même temps que les voitures essaient de passer.
  4. En tant que coordinateurs de Menno-Santé, même lorsque nous sommes à Kinshasa, nous devons continuer à chercher de nouvelles rencontres, même si nous avons beaucoup de travail de bureau à faire. Ici, c’est essentiel d’être lié à un réseau de personnes; les gens ici parlent avec mépris que ceux qui « se cachent au bureau ». Il ne faut pas essayer d’éviter le contact avec d’autres pour privilégier le « travail ». Le fait d’habiter à cinq minutes à pied de notre bureau nous a permis de passer plus de temps au bureau (au lieu de travailler à la maison); au bureau il y a plus de visiteurs et de distractions, mais nous sommes aussi plus branchés à la vie autour de nous.
  5. L’emplacement est important. Même si beaucoup de personnes se déplacent en taxi, ça vaut quand même la peine d’être le plus accessible possible; ça aide aussi d’être plus proche de plusieurs lignes de taxi.

Toutes ces réflexions nous aident pendant que nous cherchons un nouveau logement. Ceux qui suivent ce blog savent que nous devions décider si nous voulions rester dans cet appartement de façon permanente. Nous avons décidé de quitter ici et de trouver un logement dans un quartier plus populaire qui nous permettra d’être plus proches de l’église que nous fréquentons sans être trop loin du bureau. Nous espérons nous sentir plus liés à nos amis congolais que nous ne pouvons l’être en habitant au centre-ville, dans le quartier des riches. Nous avons alors annulé notre contrat de bail pour le 1er octobre (beaucoup plus facile à faire qu’à Montréal!). Entretemps, nous profitons de l’ascenseur qui est maintenant en marche pour la première fois depuis le mois de mars, et de notre vue impressionnante sur les travaux qui se passent sur le Boulevard.

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